TOUS ENSEMBLE:

La nécessité d’une coopération,

 par Helen Sworn

 

[D’un océan à l’autre : Les voix du monde de la lutte
contre la traite de personnes au Canada]

 

Cette déclaration ne sera peut-être pas très populaire, mais si la traite de personnes dans le monde est le réseau criminel qui grandit le plus rapidement, c’est parce que les trafiquants possèdent des relations. Ils partagent une même vision, soit le pouvoir, la domination et l’avidité. Ils travaillent ensemble pour s’assurer d’atteindre leurs objectifs. Ils font appel à des mécanismes efficaces de renvoi officiels et officieux, et sont capables de s’adapter à des environnements changeants et différents.

Comment pourraient-ils, autrement, pratiquer la traite de millions de personnes dans le monde? Ils savent qu’ils ne peuvent opérer seuls et qu’ils doivent travailler ensemble pour atteindre leur but. Ils savent qui contacter, connaissent leurs compétences et leur influence. Tout le système fonctionne, car ils collaborent et coopèrent.

Même si les organismes ou les intervenants de la lutte contre la traite de personnes sont efficaces, même s’ils possèdent des ressources financières et humaines et qu’ils mettent en place de nombreux projets, ils ne seront pas capables de résoudre le problème seuls.

Il faut un vaste réseau organisé d’intervenants compétents qui proposent une solution efficace et optimale pour l’emporter sur cet aspect du problème.

La collaboration est devenue l’un des mots politiquement corrects à utiliser pour représenter la programmation et le fonctionnement des organismes. Les donateurs, les gouvernements et la société civile ont formulé cette expression pour leur propre développement opérationnel et en espérant qu’elle devienne une expression courante chez leurs homologues ainsi que chez les bénéficiaires.

La réaction des médias, du gouvernement, des ONG, des églises et de la société civile dans les dernières années est incomparable. Toutefois, le manque d’expérience et le manque de coordination ont démontré que les bonnes intentions ne sont pas suffisantes. Le manque de standards professionnels et de responsabilisation, les réponses divisées face au phénomène,  la concurrence qui l’emporte sur la coopération, la duplication des projets, le manque de référence vers les bonnes ressources et un complexe du « sauveur » répandu sont maintenant associés au mouvement.

Une collaboration fructueuse nécessite d’être constamment prêt à apprendre davantage afin de construire des ponts entre des partenaires improbables, d’être capable d’avoir une vue d’ensemble des problèmes et ainsi d’imaginer une solution coordonnée et stratégique.

Au fil du temps, nous avons tiré plusieurs leçons de nos succès et de nos échecs. Nous avons vu les standards de soins augmenter pour la population que nous servons grâce à des formations ciblées et grâce à l’accès à des ressources et à de l’expertise, encourageant une pression positive des pairs, davantage de partage et moins de duplication dans le travail, des services plus spécialisés et une plus grande imputabilité des agences mettant en œuvre ses services.

Helen Sworn est la fondatrice et la Directrice internationale de Chab Dai. Elle demeure actuellement au Cambodge avec sa famille.

La collaboration est essentielle si nous voulons voir des changements à grande échelle, dans le monde entier et non seulement dans nos propres pays ou régions.